« C’est terminé. »
« J’ai compris ce qui s’est passé. »
« Aujourd’hui, je sais que je suis ailleurs. »
Et pourtant, parfois, le corps semble raconter une autre histoire.
Une tension apparaît dans certaines situations.
Le ventre se serre.
Le cœur accélère.
La respiration change.
Une sensation familière revient alors même que, consciemment, tu sais que la situation actuelle est différente.
C’est bientôt la Journée mondiale de la santé mentale (10 octobre) à l’occasion, j’ai envie de t’inviter à regarder la santé sous un angle complémentaire : celui de notre vécu émotionnel.
Car prendre soin de sa santé mentale, c’est aussi écouter ce que l’on ressent, reconnaître ce qui nous traverse et identifier les ressources adaptées lorsque nous en avons besoin.
Et parfois, une question mérite d’être explorée :
Pourquoi peut-il exister un décalage entre ce que je sais aujourd’hui et ce que je ressens encore ?
Comprendre une expérience et ressentir qu’elle est derrière soi : deux dimensions à observer
Avec le temps, nous pouvons comprendre énormément de choses.
Comprendre pourquoi une relation s’est terminée.
Comprendre le comportement d’un parent.
Comprendre une période difficile.
Comprendre les possibilités dont nous disposions à un moment donné.
Comprendre que la situation actuelle est différente.
Cette compréhension peut apporter de la clarté et permettre de regarder son histoire autrement.
Et tu as peut-être déjà vécu ce paradoxe :
ta tête sait… et quelque chose en toi réagit encore.
Tu sais que ton partenaire actuel est différent et une prise de distance réveille immédiatement une peur.
Tu sais qu’une remarque professionnelle concerne un travail précis et ton corps se tend comme si toute ta valeur était concernée.
Tu sais qu’aujourd’hui tu as les ressources pour exprimer ton désaccord et tu ressens une appréhension importante au moment de le faire.
Ce décalage mérite de la curiosité et de la douceur.
À la place de :
« Je devrais pourtant avoir dépassé ça… »
tu peux ouvrir une autre question :
« Qu’est-ce que cette situation vient toucher en moi aujourd’hui ? »
Le corps et les émotions : quel lien ?
Nos émotions s’accompagnent naturellement de manifestations corporelles.
Pense simplement à ce qui se passe lorsque tu as peur.
Ton rythme cardiaque peut évoluer.
Ta respiration aussi.
Ton corps se prépare à réagir.
Une émotion intense peut donc être ressentie dans la tête et dans le corps.
Tu connais probablement certaines expressions :
« J’ai la boule au ventre. »
« J’en ai le souffle coupé. »
« J’ai la gorge serrée. »
« Je sens toute la pression sur mes épaules. »
Notre langage lui-même témoigne de la manière dont nous associons spontanément certains ressentis émotionnels à des sensations corporelles.
Une manifestation corporelle peut avoir de nombreuses origines. L’approche médicale reste la référence pour évaluer un symptôme physique, particulièrement lorsqu’il apparaît, persiste, évolue ou t’inquiète.
L’exploration émotionnelle apporte alors un regard complémentaire sur ton vécu, aux côtés des prises en charge médicales adaptées.
Quand le présent ressemble à quelque chose que tu connais déjà
Imagine que tu te sois brûlé(e) en touchant quelque chose de très chaud.
La prochaine fois que tu rencontres une situation similaire, tu vas probablement agir différemment.
Ton expérience précédente t’a appris quelque chose.
Dans notre vie émotionnelle aussi, nous créons des associations.
Une situation.
Une sensation.
Une réaction.
Une conséquence.
Certaines expériences peuvent ainsi influencer la manière dont nous interprétons ensuite des situations qui leur ressemblent.
Cela peut concerner une relation.
Un conflit.
Une séparation.
Une humiliation.
Une situation dans laquelle tu t’es senti(e) rejeté(e), abandonné(e), impuissant(e) ou en insécurité.
Des années plus tard, le contexte a changé.
Les personnes aussi.
Et certains éléments peuvent sembler familiers.
Un silence.
Un regard.
Un ton de voix.
Une distance.
Une critique.
Ton corps peut alors participer à une réaction très rapide, avant même que tu aies eu le temps d’analyser consciemment ce qui se passe.
Dans mon approche, j’utilise souvent l’expression mémoire émotionnelle pour parler de ce que certaines expériences ont laissé comme associations, ressentis ou façons de réagir.
Ton histoire participe à la manière dont tu interprètes ce que tu vis aujourd’hui.
Deux personnes peuvent ainsi vivre une situation similaire et ressentir des choses très différentes.
Prenons un silence après un désaccord.
Pour une personne, ce silence représente :
« Nous avons besoin de temps pour retrouver notre calme. »
Pour une autre :
« Il/elle m’en veut. »
Et pour une autre encore :
« J’ai peur qu’il/elle parte. »
Le silence reste le même.
La signification donnée au silence change.
Et cette signification peut être nourrie par l’histoire de chacun.
C’est ici que la connaissance de soi devient particulièrement précieuse.
Quand ton corps réagit avant ta pensée
As-tu déjà remarqué une réaction corporelle arriver presque instantanément ?
Tu entends une phrase et ton ventre se noue.
Une personne hausse le ton et ton corps se crispe.
Tu reçois un message et ton cœur accélère avant même de l’avoir ouvert.
Tu dois prendre la parole et une tension apparaît.
Dans ces moments-là, tu peux avoir l’impression que la réaction arrive avant ton raisonnement.
Puis ton mental intervient :
« Je sais qu’aujourd’hui je suis en sécurité. »
« Qu’est-ce qui se joue en moi ? »
« Je sais que cette situation est différente. »
Tu peux alors accueillir ce ressenti et observer ce qui vient de se passer.
Dans les accompagnements, j’entends régulièrement une phrase qui ressemble à :
« Je sais tout ça avec ma tête. »
Et je trouve cette phrase particulièrement intéressante.
Parce qu’elle montre parfois que la personne a déjà beaucoup compris de son histoire.
L’étape suivante peut alors consister à explorer ce qui continue à se manifester dans son expérience actuelle, pour ouvrir un espace au ressenti en complément de la compréhension intellectuelle.
Lorsque tu remarques une réaction émotionnelle accompagnée d’une sensation corporelle, tu peux prendre quelques instants pour observer.
Reste au plus près des faits.
Une personne a fait une remarque.
Mon partenaire a pris de la distance.
Je dois prendre une décision.
Cette première étape permet de distinguer l’événement de la signification que tu lui donnes.
Peur ?
Colère ?
Tristesse ?
Culpabilité ?
Impuissance ?
Rejet ?
Essaie simplement de mettre un mot sur ton expérience.
Observe ton corps avec curiosité.
Respiration.
Ventre.
Poitrine.
Gorge.
Épaules.
Mâchoire.
Ici, tu accueilles simplement la sensation telle qu’elle se présente, avec curiosité.
C’est peut-être ici que quelque chose apparaît.
« J’ai peur de décevoir. »
« J’ai peur d’être abandonné(e). »
« Je me sens jugé(e). »
« J’ai peur de perdre le contrôle. »
Tu peux ensuite te demander :
« À quel autre moment ai-je déjà ressenti quelque chose de similaire ? »
Une réponse viendra peut-être aujourd’hui, demain ou plus tard.
Accueille simplement ce qui vient, à ton rythme.
Lorsque certaines réactions deviennent inconfortables, notre attention se porte souvent sur le résultat que nous aimerions obtenir.
« J’aimerais retrouver davantage de sérénité. »
« J’aimerais réagir autrement. »
« J’aimerais me sentir plus libre dans cette situation. »
Ces formulations ouvrent déjà une direction.
Ton corps fait partie de ton expérience.
Il ressent.
Il réagit.
Il s’adapte.
Il évolue aussi.
Tu peux alors développer progressivement une capacité à observer ce qui se passe en toi et ce vers quoi tu souhaites aller.
Et lorsque certaines sensations deviennent importantes, récurrentes ou difficiles à vivre, cette observation peut également t’aider à identifier le type de soutien qui correspond à tes besoins.
Médical.
Psychologique.
Émotionnel.
Ou plusieurs approches complémentaires.
Prendre soin de sa santé mentale, c’est aussi s’autoriser à être accompagné(e)
La santé mentale mérite la même attention que les autres dimensions de notre santé.
Parfois, quelques ajustements dans le quotidien apportent déjà beaucoup.
Parfois, parler à une personne de confiance ouvre un espace.
Et parfois, l’accompagnement d’un professionnel apporte les ressources adaptées à ce que tu traverses.
Médecin, psychologue, psychiatre ou autre professionnel qualifié selon tes besoins : plusieurs formes de soutien peuvent trouver leur place sur un parcours.
De mon côté, mon travail se situe dans l’accompagnement émotionnel et la connaissance de soi.
À travers le Détachement des Traumatismes®, l’Éveil de Conscience ou la PNL, j’accompagne notamment les personnes à explorer certains ressentis, schémas et fonctionnements qui continuent à prendre de la place dans leur présent.
Ces accompagnements peuvent s’inscrire aux côtés des prises en charge médicales ou psychologiques adaptées à chaque situation.
Et si écouter ton corps commençait simplement par l’observer ?
Face à une sensation, nous cherchons parfois immédiatement une explication.
« Qu’est-ce que cette sensation vient raconter ? »
« Qu’est-ce qui se joue en moi aujourd’hui ? »
Ces questions peuvent ouvrir des pistes.
Et tu peux commencer encore plus simplement :
« Qu’est-ce que je ressens aujourd’hui ? »
Puis :
« Qu’est-ce que je vis en ce moment ? »
Ton corps apporte une partie des informations.
Tes émotions en apportent une autre.
Ton histoire aussi.
Et lorsque quelque chose demande davantage d’attention, les professionnels qui t’accompagnent peuvent apporter leur regard et leurs compétences.
À l’occasion de cette Journée mondiale de la santé mentale, j’ai donc envie de te laisser avec une invitation très simple :
écouter davantage ce qui se passe en toi, avec curiosité, douceur et discernement.
Parce que prendre soin de soi commence parfois par s’autoriser à entendre ce que l’on ressent.
Et toi, qu’est-ce que ton corps t’invite à observer aujourd’hui ? 🌿
Quel lien existe entre le corps et la mémoire émotionnelle ?
Nos expériences peuvent créer des associations entre certaines situations, émotions et réactions corporelles. Une situation actuelle peut ainsi faire écho à quelque chose de déjà vécu. Le contexte, l’histoire personnelle et les autres dimensions de la santé permettent ensuite d’élargir la compréhension de ce qui se passe.
Pourquoi mon corps réagit-il alors que je sais consciemment que je suis en sécurité ?
Nos réactions peuvent être rapides et influencées par de nombreux facteurs. Lorsque ce décalage revient, observer le contexte, l’émotion et la signification que tu donnes à la situation peut t’aider à mieux comprendre ton expérience.
Quelle place les émotions peuvent-elles avoir lorsqu’une douleur physique apparaît ?
Une douleur ou un symptôme physique peut avoir de nombreuses origines. L’évaluation médicale permet d’en rechercher les causes et d’orienter la prise en charge. En parallèle, l’exploration de ton vécu émotionnel peut apporter un éclairage complémentaire sur ce que tu traverses.
Comprendre un traumatisme permet-il de faire évoluer ses réactions ?
Comprendre son histoire peut apporter beaucoup de clarté. Les réactions émotionnelles et les automatismes peuvent ensuite évoluer selon leur propre rythme. Chaque parcours est unique et certaines expériences gagnent à être explorées avec un accompagnement adapté.
Vers quel accompagnement se tourner lorsque les émotions prennent beaucoup de place ?
Le choix dépend de ce que tu traverses et de tes besoins. Un médecin, psychologue ou psychiatre apporte une prise en charge adaptée dans le champ de la santé. L’accompagnement émotionnel peut trouver sa place à leurs côtés lorsque cette approche correspond à ce que tu souhaites explorer.